De la sédentarisation à l’État

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Accueil > Thèmes de recherches > Temps, communication et identité > 3.2 Du matériel vers l’immatériel

3.2.1 Savoir-faire et emprunts

publié le , mis à jour le

De nouveaux domaines techniques caractérisent la Protohistoire. La manière dont les savoir-faire techniques sont distribués dans l’espace et le temps constitue un champ d’étude qui permet d’appréhender leur variabilité et leur évolution. Les mécanismes d’apprentissage et de transmission des savoir-faire peuvent être analysés grâce à une lecture fine des chaînes opératoires. Nous avons pu mettre en évidence des travaux d’apprentis dans la taille des haches en silex, la fabrication des poteries (Bassin parisien, Bassin de la Dvinja en Russie) ou celle des pointes de flèches armoricaines à l’âge du Bronze ancien.

Le statut des objets pose par ailleurs question, comme pour les premières céramiques mésolithiques de Russie qui pourraient être assimilables à des objets de prestige ou à symbolique forte au détriment de leur caractère utilitaire. De même, les 3 types de productions laminaires qui caractérisent la première moitié du 5e millénaire BC en Bulgarie du nord-est, leur production et leur diffusion selon des modes différenciés ont permis de mettre en évidence des valorisations sociales spécifiques. Une comparaison des productions céramiques de l’horizon Chasséen/Michelsberg à la fin du 5e millénaire BC entre bassin de la Seine et Rhin moyen montre que les méthodes de fabrication de la céramique et les savoir-faire étaient très largement partagés, au-delà même des frontières culturelles et stylistiques, définissant ainsi un milieu technique commun à un niveau interrégional. Des emprunts techniques à longue distance ont pu être facilités par l’existence de réseaux culturels à échelle très large et de contacts interrégionaux impliquant non seulement la circulation d’idées, mais aussi de personnes.

A l’âge du Bronze ancien en Bretagne, les productions de flèches de morphologie très standardisée ont nécessité une grande maîtrise technique. Des niveaux de savoir-faire différenciés dans un même lot et sur une même flèche selon les étapes de la chaîne opératoire suggèrent l’intervention de tailleurs diversement expérimentés, ayant probablement fonctionné en atelier. Ces pointes se trouvent très rarement hors sépultures et hors ouest Bretagne. Leur diffusion restreinte et le haut niveau de savoir-faire requis laissent penser à un développement de cet artisanat avec le soutien d’une élite (cf. 1.3.2).