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Accueil > Thèmes de recherches > Espaces, territorialité et mobilité > 2.3 Colonisations, migrations et dynamiques de peuplement

2.3.2 Dynamiques de peuplements

par Joëlle Rolland - publié le , mis à jour le

Cette large thématique concerne plusieurs régions d’Europe et plusieurs périodes chronologiques. Elle se concrétise notamment par deux systèmes d’informations : OBRESOC ; BD établissements ruraux du second âge du Fer.
Concernant la diffusion du Néolithique à travers l’Europe continentale (LbK ou Rubané), la réalisation achevée de l’ANR OBRESOC permet d’évaluer par une simulation multi-agents l’importance relative de variables micro (définissant le modèle agro-pastoral) et macro (démographie, environnement) dans le tempo, l’ampleur géographique et les conditions de la dislocation de ce large phénomène historique. Une base de données intégrant les milliers de sites connus (6592 entrées), les faunes et témoins botaniques associés, adossée à de nouvelles données et synthèses hydrogéologiques, botaniques et climatologiques permet d’ajuster la simulation dans des fenêtres à haute résolution archéologique. Ces résultats sont déployables à toute l’aire rubanée, pour obtenir les conditions d’un ajustement aux données spatio-temporelles générales (fig. 1). Les premières exploitations de séries du modèle simulé pendant l’équivalent de 600 ans permettent d’établir quelques référentiels virtuels (démographique, peuplement, circulation des individus, stockage des récoltes, consommation de gibier et du cheptel domestique, etc.). Une extension/adaptation de cette modélisation a également été développée, dans le cadre d’une thèse (A. Zanotti) du programme européen BEAN, pour traiter selon la même visée expérimentale la question du développement du Néolithique ancien balkanique, aux sources de l’expansion du système agricole en Europe centrale, centre-occidentale et centre-orientale.
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Fig. 1 : Cartographie du peuplement LBK simulé selon la modélisation Obresoc (ANR, dir. J.-P. Bocquet-Appel, UPR 2147), après 250 cycles annuels, correspondant à la fin de la LBK très ancienne, vers 5300 BC (document Trajectoire, J. Dubouloz)

En Roumanie, ce sont les dynamiques d’implantation dans la zone sous-carpatique de Moldavie qui ont été abordées sur le temps long (6000-3500 av. J.-C.) en relation avec l’exploitation des ressources (sols, sources salées…). L’utilisation de la méthode des KED a permis de proposer une série de cartes de densité qui soustraitent d’une période à l’autre permettent d’envisager des dynamiques de transition (fig.2).

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Fig. 2 : Settlement densities (at the top) and settlement dynamics (below) between 6000-3500 BC in relation to salt springs salinity (R. Brigand et O. Weller, 2011, fig.9)

La question indo-européenne a été révaluée de fond en comble, notamment sous ses aspects de dynamique de peuplement (invasions, migrations ?), depuis l’hypothèse du Néolithique ancien anatolien, en passant par celle du Néolithique récent steppique, jusqu’à l’hypothèse sans migration. Les recherches menées depuis 1980 ont conduit à montrer comment il n’y avait pas de solution archéologique simple au problème indo-européen, et comment on devait par conséquent s’orienter vers des modèles plus complexes de parenté entre les langues, avec des conséquences également sur les similitudes dans les structures mythologiques.

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Fig. 3 : Impact de l’urbanisation sur les établissements ruraux du deuxième Âge du fer en France septentrionale (document Trajectoire/Inrap, F. Malrain et G. Blanquaert)

Nos travaux ont porté également sur les rythmes de peuplement des établissements ruraux laténiens en France septentrionale, qui montrent deux phases de forte densité (5e et 1er s. BC) et des fluctuations selon les régions. Cette recherche met en exergue les raisons de ces fluctuations et en propose une interprétation historique. Les 700 sites ruraux du second âge du Fer, réunis dans une base de données (Inrap), ont constitué la base d’un ouvrage qui étudie leurs rythmes de créations et d’abandons à différentes échelles spatiales : micro-aire géographique, départements, régions et France septentrionale. La densité des sites par étape chronologique a permis de mesurer la stabilité, la progression ou la diminution du nombre d’occupations. Ces fluctuations traduisent aussi les rapports de l’homme à l’environnement. L’appropriation, l’amendement et/ou l’appauvrissement des sols, les modes culturales, les spécialisations, les chemins, l’organisation territoriale, et la démographie constituent quelques exemples de ce qui est discuté dans cet ouvrage. La synthèse qui clos ce volume met en perspective les résultats en les confrontant aux contextes culturels et historiques. Cette réflexion a servi d’assise à un travail conduit dans l’ERC Rurland, qui a pour objectif d’étudier les trajectoires des occupations avant et après la Conquête Romaine du Nord de la Gaule (fig. 3).