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Accueil > Thèmes de recherches > Temps, communication et identité > 3.2 Du matériel vers l’immatériel

3.2.2 Des pratiques à l’idéologie : approche funéraire des sociétés passées

publié le , mis à jour le

JPEG - 48.9 ko A travers la restitution de la « chaîne opératoire » funéraire, c’est-à-dire l’ensemble des gestes ou séquences de gestes qui président à la constitution d’une sépulture, il s’agit de saisir les formes que prend l’intégration sociale de la mort et des morts. Une approche de l’identité des individus pourra être menée par le biais des caractéristiques démographiques et anthropologiques. On s’intéresse tout particulièrement aux premières sociétés néolithiques et à celles de l’âge du Fer. Par ailleurs, l’étude des gestuelles funéraires aux âges des métaux en Picardie s’attache aussi à mettre en place les outils méthodologiques permettant d’homogénéiser l’enregistrement des données.

Au Néolithique ancien, la pratique courante est l’inhumation individuelle en pleine terre. Dans certaines nécropoles des régions rhénanes, quelques défunts ont été inhumés sur le dos, en position allongée, alors que la pratique majoritaire montre le corps fléchi sur le côté. L’analyse taphonomique met en évidence une « mise en bière » initiale, la reconnaissance de ces contenants mobiles étant une donnée importante en soi, mais plus encore pour leurs implications dans le déroulement des funérailles. Depuis 2016, plusieurs membres de l’UMR 8215 Trajectoires sont associés à l’ANR, « ANCESTRA » : la caractérisation génétique des populations françaises ancestrales utilisant l’ADN ancien sous la direction de Mélanie Pruvost de l’Institut Jacques Monod, UMR 7592 et Florent Mazière, INRAP et UMR 5140 (ASM-Archéologie des Sociétés Méditerranéennes). La première phase de collecte des échantillons et de l’évaluation de la préservation de l’ADN est terminée, viendront ensuite la caractérisation des populations au niveau régional (corpus environ 100 échantillons) et l’étude des différences au sein des populations (élites/non élites, migrants/autochtones...). Cette approche contribuera grandement à la compréhension de la population funéraire et de son recrutement.

Au Néolithique moyen et récent en région Mittelelbe-Saale (Allemagne), les travaux (S. Höltkemeier) ont permis d’aborder la question des dépôts animaux en contexte funéraire et domestique sur des sites largement documentés, notamment les enceintes du 4e millénaire BC (exposition, fracturation…).

Pour la fin de l’âge du Bronze au milieu du second âge du Fer, Caroline Trémeaud a établi une méthodologie de classement des tombes pour de sa thèse. Elle est basée un millier de sépultures du nord-est de la France, le sud de l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche et la Bohême. Plusieurs outils méthodologiques ont été développés pour l’interprétation du corpus en termes de richesse et de genre. Le classement des tombes est une étape nécessaire dans les études funéraires. Des outils doivent être créés pour interroger et détecter les inégalités sociales, définir les couches sociales et aborder les structures sociales des sociétés passées.
Les méthodes présentées ici permettent une approche à petite échelle, appliquée à des ensembles de données géographiques et chronologiques très dispersés. Les applications pourraient être multiples : comparaison sur une échelle de temps à très long terme ou étude d’un groupe restreint. À l’échelle d’un cimetière, le classement des tombes pourrait mettre en évidence une organisation spatiale fondée sur la richesse. Dans une perspective à long terme, le classement des tombes des élites permettra de caractériser les investissements funéraires. Le classement est avant tout une première étape méthodologique nécessaire pour remettre en question un tel corpus en termes de hiérarchie, de genre et de structure sociale.

Après le PAS (2007-2009) suivi de la publication des actes de la table ronde de Soissons « les gestuelles funéraires au second âge du Fer » en 2009 et un article de synthèse pour le XXXIIIe colloque de l’AFEAF à Caen en 2010 consacré aux « Gestes funéraires en Gaule au second âge du Fer », les problématiques se sont réorientées mais ne sont pas encore abouties. Les peuplements et la démographie de la plaine de Bucy-le-Long (Aisne) pour La Tène ancienne et début La Tène moyenne (Ve-IIIe s. av. n.è .) et du plateau de Laon, Barenton-Bugny et Chambry (Aisne) pour la Tène moyenne et finale (IIIe-Ier s. av. n.è.) pourront être abordés à partir d’analyses comparatives et croisées de ces deux zones densément occupées (habitats et nécropoles).

JPEG - 56.2 ko JPEG - 41.2 koAttichy (60) et Glisy (80). S. Desenne et E. Pinard

JPEG - 49.1 koJPEG - 53.5 koLaon (02). E. Pinard

Voir pour la bibliographie la liste des productions de l’UMR 2012-2017.