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Accueil > Thèmes de recherches > Temps, communication et identité > 3.3 Expressions identitaires

3.3.1 Cultures, peuples, ethnies

publié le , mis à jour le

Pour tout archéologue et au-delà, se posent les questions des identités ethniques et de la coïncidence entre gènes, cultures matérielles, voire langues. Elles ont fait l’objet d’un volume sur la question indo-européenne (Jean-Paul Demoule, 2014), et d’un autre à venir en 2018 – questions qui ont également des résonances très actuelles et impliquent les archéologues dans les débats citoyens.

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Les ressemblances et correspondances entre langues indo-européennes ont été tout au long du 19e siècle au fondement de la linguistique moderne. Dans le même temps, elles ont été d’emblée expliquées par l’existence postulée d’un peuple originel (Urvolk) parlant une langue originelle (Ursprache) dans sa patrie originelle (Urheimat), trois entités à retrouver ou à reconstituer. Ces recherches ont connu les détournements idéologiques que l’on sait. Mais dans tous les cas, on ne peut considérer qu’elles auraient abouti aujourd’hui à un consensus scientifique. Il n’y a pas de consensus chez les linguistes pour savoir si, au-delà des systèmes de correspondances phonologiques et morphologiques, il y aurait possibilité d’aboutir à la reconstitution d’une langue unique selon un modèle arborescent, ou bien si des modèles plus complexes seraient concevables. Si la mythologie comparée, illustrée par les travaux de Georges Dumézil, met aussi en évidence des correspondances indéniables à travers l’Eurasie, l’arbre généalogique n’est pas, là encore, le seul modèle possible. La génétique, après les errements et les impasses de la craniométrie, apporte des résultats certes de plus en plus fiables et intéressants, mais avec des risques de raisonnements circulaires, amplifiés par les effets du système académique anglo-saxon. Enfin l’archéologie hésite toujours entre au moins trois grandes explications géographiques contradictoires, sans qu’on puisse de toute façon reconstituer avec certitude les routes supposées qui, depuis tel foyer originel, auraient mené les locuteurs de langues indo-européennes dans leurs différents emplacements historiquement connus. C’est pourquoi on est en droit d’interroger le modèle canonique sous-jacent en tant que mythe d’origine alternatif à celui de la Bible, tout en recherchant des modèles explicatifs plus complexes.

Voir pour la bibliographie la liste des productions de l’UMR 2012-2017.