De la sédentarisation à l’État

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Accueil > Thèmes de recherches > Temps, communication et identité > 3.3 Expressions identitaires

3.3.2 Marqueurs d’appartenances communautaires, statutaires et de genre

publié le , mis à jour le

A travers l’étude des pratiques funéraires des âges du Bronze et du Fer en Europe, la question de l’identité et de ses marqueurs a été posée à travers le prisme du genre. L’approche théorique a permis de révéler la pertinence d’une telle étude qui ne questionne pas que les rapports masculins/féminins, mais aussi le système de différenciation et de domination ; cette approche doit donc d’aborder les questions de statut, d’âge et d’appartenance à un groupe culturel précis. Le concept d’inter-sectionnalité est ici nécessaire pour permettre l’analyse pertinente des données.

Une thèse (C. Trémeaud) a porté sur un corpus de sépultures, réparties sur le nord-est de la France, la moitié sud de l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche et la Bohême et couvrant un millénaire (du Bronze final au milieu du second âge du Fer (Trémeaud 2014). Outre la mise en évidence d’une structure hiérarchisée de ces sociétés, un corpus de plus de 700 sépultures inventoriées dans le détail a été analysé selon une approche de genre ; elle a permis de mettre en place la définition du genre archéologique, de développer des outils statistiques objectivant les données en termes de statut et de richesse, pour répondre aux exigences théoriques de l’intersectionnalité. Les résultats ont permis de préciser les fluctuations des rapports entre féminin et masculin, de souligner des moments d’ostentation importante du féminin et d’en tirer des hypothèses interprétatives sur les structures des sociétés nord-alpines envisagées. Ainsi Caroline Trémeaud a-t-elle pu documenter « la production des grandes femmes » (en référence à Maurice Godelier), c’est-à-dire l’émergence à l’âge du Fer d’une catégorie inhabituelle de femmes au mobilier funéraire exceptionnel. Cela était apparu, pour les débuts de La Tène, sur la nécropole de Bucy-le-Long (Aisne), publiée en 2010, où les tombes à char sont féminines. Cette domination est particulièrement nette de la fin du 6e au milieu du 3e s. BC et pose la question de la signification de cette richesse funéraire et de la structuration genrée des nécropoles (Courtesoult, Mondelange). L’augmentation des sépultures ostentatoires féminines seraient le témoin d’un accès croissant du féminin à des situations de pouvoir, en lien avec la complexification des sociétés et leur intégration dans des réseaux d’échanges très dynamiques.

L’approche genrée a permis de dépasser la simple question du sexe et du genre, en permettant un regard sur la question des mécanismes structurant des sociétés en pleine phase de centralisation menant à des systèmes quasi-étatiques. Par cette problématique, qui mêle hiérarchisation et genre, ce travail a permis une ouverture sur d’autres sociétés qui connaissent des phases similaires de structuration sociale et mettent en avant le féminin. Il est particulièrement intéressant d’ouvrir ce champ de recherche où la multiplicité des situations, des récurrences et des absences permettra d’induire des mécanismes sociaux fondamentaux : dans un premier temps, sur la société minoenne, avant l’extension de cette réflexion à d’autres contextes. De fait, la question des relations de parenté va être reprise à partir de 2017 avec deux équipes de généticiens, l’une de l’université de Copenhague, l’autre du Max-Planck Institut de Iéna, dans le cadre d’un programme European Research Council, sur des échantillons choisis de nécropoles laténiennes de Picardie et de Champagne.

Voir pour la bibliographie la liste des productions de l’UMR 2012-2017.