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Accueil > Thèmes de recherches > Economies et interactions société/environnement > 1.3 Systèmes de productions et réseaux de circulation

1.3.3 De la diffusion locale au réseau global

publié le , mis à jour le

Il s’agit ici de travailler à une échelle chronologique et géographique large, et de comparer les modes de diffusion des productions et leur insertion dans un réseau socio-économique. Plusieurs modèles de circulation et de diffusion des matières premières et des produits ont pu être analysés à large échelle ces dernières années. Des productions lithiques spécialisées, telles que celles des lames en silex, ne peuvent être abordées qu’à l’échelle de l’ensemble du Bassin parisien et ses marges, ou des Balkans nord-orientaux. Il n’y a pas forcément de valeur économique associée à l’échange de ces produits, mais plutôt une valeur sociale ou identitaire. D’autres productions, comme celles en silex du Cinglais, peuvent avoir une valeur économique (Bostyn et Denis 2016, Bostyn et al. 2016). Ont aussi été précisés les systèmes de production des industries en silex et les réseaux de circulation des principales matières premières exploitées durant les trois étapes chronologiques du VSG-Blicquy (Charraud 2013 et Denis 2014).

Les réseaux de circulation, comme ceux des haches en pierre, doivent être abordés à l’échelle régionale et supra-régionale. En effet, une quantité non négligeable de produits exogènes circulent, parfois depuis des massifs très éloignés, comme les Alpes ou le Massif armoricain vers la vallée de la Seine au Néolithique (Giligny et Bostyn 2016).

La circulation, sur de longues distances, de produits lithiques issus d’ateliers spécialisés est l’un des phénomènes les plus marquants de la fin du Néolithique dans l’ouest et le sud-est de l’Europe. C’est le cas des grandes lames balkaniques, dont les réseaux de diffusion dessinent des cartes d’exclusion par rapport à l’obsidienne et évoluent en fonction des reconfigurations culturelles régionales (Manolakakis 2017). La très large diffusion de grandes lames depuis la région du Grand-Pressigny (Touraine) vers le nord de la France est attestée dès le 29e s. BC sur les habitats du Deûle-Escaut. Parallèlement, mais en moindres proportions, des poignards en silex tertiaire bartonien du Bassin parisien, eux aussi de technologie pressignienne, sont intégrés aux importations. Le recensement et l’étude typo-fonctionnelle de ces grandes lames permettent d’aborder la place, les usages et le statut de ces objets découverts, pour l’essentiel, en contexte structuré et daté (Martial et Cayol 2016). Un travail de comparaison a été mené sur les industries lithiques du Chasséen septentrional et du Chasséen de l’Yonne, permettant de proposer une synthèse sur les systèmes de production, les réseaux de circulation des objets de prestige ou non, tout en mesurant l’impact du substrat culturel essentiellement Cerny (Augereau et al. 2016).

Pour l’âge du Fer, la circulation de productions spécialisées, comme les objets en verre dans l’Europe celtique (Rolland 2017), ou de moyens d’échange, comme les monnaies (Martin et al. 2016), ont fait l’objet de modèles de circulation.